J'ai le cerveau cramé, les mains qui tremblent.
C'est reparti. Je me lève après une nuit où j'aurais somnolé devant quelques films glauques et prenants plutôt que dormi. Il est 6h00, l'eau froide de la douche me sort de ma léthargie. Je me vois dans le miroir... j'ai envie de vomir... Je m'habille, jean déchiré, rapiécer dégueulasse, un débardeur noir un peu trop moulant. J'enfile mon cuir et je sors, le chemin est plongé dans la nuit. J’arrive à l'arrêt de bus je respire un grand coup, l'air est tellement froid qu'il me brûle la gorge. Elle me parle sans s'arrêter, me raconte ces vacances, elle c'est ma voisine, une petite bourgeoise égocentrique et hypocrite. Ce qu'elle ne sait pas c'est que je m'en contre fou de sa vie, de son pognon et de ses soirées VIP. Je m'assoie sur le bord du trottoir et roule mon joint. Je le fume, je monte dans le bus la musique dans les oreilles, c'est peut être un peu fort car le chauffeur gueule j'me contente de soupirer il m'emmerde encore alors je descends et tout s'enchaine. J'achète des cigarettes, observe mon café couler de cette minable machine, encore un café sur le trottoir. Quelques sdf débarquent je les connais tous sur le bout des doigts, ces gens c'est comme ma deuxième famille. On discute, je suis en retard. Je monte dans un second bus sensé me mener au lycée, j'y arrive les yeux gonflés et l'esprit brouillé, incapable de répondre aux surveillants, incapable de donner une raison à mon retard, je monte les marches avec un billet sans motif et lorsque je pousse enfin la porte c'est pour me faire engueuler...
Merde! demi-tour. Je cours après le temps après la pluie, après la nuit. Je vais boire un coup puis deux et biens d'autres. Je gerbe mais j'ai encore de l'espoir...